De Litteris

  • 31-3-2013

    Les Carnets du Dessert de Lune

    - Editions Les Carnets du Dessert de Lune

    Fondés en 1995, Les Carnets du Dessert de Lune se proposent d’explorer l’amour de la langue et de l’humain. Jean-Louis Massot y publie, avec autant d’humour que de tendresse, des poèmes, des carnets de dessins, des nouvelles, des aphorismes, des pamphlets et des récits… Autant de pistes pour embrasser la beauté et la pluralité de la création humaine.

    Il y a, dans le catalogue farfelu et pétillant de cette maison d’édition, une volonté de ne pas se laisser classer et de laisser libre cours à la riante utopie des mots danseurs. Il suffit de parcourir le nom des différentes collections pour se rendre compte que l’aventure créative y sera multiple : carnets (pour semer le désordre dans les bibliothèques), pleine lune (pour un tour complet sans escale), sur la lune (pour des envies de partance), pièces montées (pour goûter à l’art [...]

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  • 30-3-2013

    Bec & Ongles

    Perrine Le Querrec - Editions Les carnets du dessert de lune

    “Allez, vas-y Vis-le ton rêve Crache-le à la gueule de la réalité. Ouvre les bras, ouvre la bouche, ouvre les yeux. Tu ne te noies pas : tu respires, peut-être pour la première fois. Ou la dernière.”

    Ces mots liminaires enclenchent un cri charnel qui, en trente-trois pages, va questionner, secouer, malmener, triturer, bousculer, déchirer, pétrir, gifler la langue et l’esprit du lecteur. Sors, sors de ton inertie, fais-toi mouvement, parole-corps ! Exige ! Indigne-toi, mais pas de cette fausse indignation à la mode, où l’on clique mollement sur une pétition virtuelle, avachi dans son confort : non, brûle, vis, grogne, rage !

    Pamphlet – le livre en reproduit habilement le format – contre nos modernités assoupies autant qu’exercice de contorsion linguistique pour rendre son électricité à la langue (on notera que l’auteur sort, d’ici une poignée de jours, un nouveau [...]

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  • 29-3-2013

    Carnet d’un poète assis sur l’horizon

    Antonello Palumbo - Editions Les carnets du dessert de lune

    Cette anthologie de trois recueils (deux poétiques, un de “critiques” – on devrait plutôt dire “ressentis” – de films) est un beau condensé d’une vie en poésie : au fil des pages se dessine une âme sachant lire, dans le quotidien, “la recherche du vrai nous-même“, les “approches / maladroites / insensées” qui font le lit des histoires, les griffures / biffures / questions façonnant les “amours tronçonneuses” et les hésitations perpétuelles, entre silence et cri, qui rythment la langue poétique.

    Il y a de la tendresse naïve, chez Antonello Palumbo, de celle qui, nourrie par l’enfance aux yeux de songes (“nous avons la certitude / d’un moment pur, / innocent, secret…/ notre chemin“), enlumine les regards quotidiens (“regarder autour de nous / dans un excès de confiance aux choses… / ouvrir notre imaginaire : / sentiers périlleux“), tresse [...]

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  • 28-3-2013

    Un régal d’herbes mouillées

    Anna de Sandre - Editions Les carnets du dessert de lune

    La couverture et le titre apaisent avant même que l’on se glisse entre les pages : on imagine des plaisirs minuscules, des micro-échappées belles, des envols purs.

    Puis on ouvre et lit, sur un rythme de pluie à la chute lente, le “puzzle” poétique d’Anna de Sandre : une mosaïque de vies dédaignées (“j’veux entrer / dans le métier / des mosaïstes“), des instants cristallisés, des misères dévoilées, des beautés fragiles qu’un rien suffit à briser… Le recueil se construit comme une galerie de miniaturiste qui, loin de choisir pour inspiration la gracilité de l’existence, préfère en croquer les quotidiens boudés, les personnages effacés, les poisons silencieux et l’enchantement, mais en mode mineur.

    Qu’elle esquisse “un miracle au bord du vide”, “la saleté des jours”,des “râles asynchrones”, “la cadence d’une vie en ruine” ou “un carrefour de cris plaintifs”, Anna de Sandre croque, précise, avide, des éclats de vie modestes [...]

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  • 27-3-2013

    Les Pommarins

    Hervé Bougel - Editions Les carnets du dessert de lune

    Sous le nom bucolique, l’usine : ici, on construit (“le monde avance sur ses quatre roues un peu grâce à nous“) et on se construit, quittant l’adolescence pour découvrir le monde des adultes.

    Embauché à l’atelier des femmes, l’adolescent Bougel découvre un petit monde de caoutchouc et de personnages vibrants : M’sieur Rouge et son “gros bide en mouvement sa famille à nourrir“, Paola la Sicilienne et son “beau visage ingrat taillé pour l’amour, la passion“, la Marotto à la voix crissante et décidée, Bréchet, chef aimé de ses hommes, à la “moustagache grisouille” et à la retraite si proche… Toutes ces trognes de cinéma évoluent dans le bruit des machines, “le lent cancer de la trotteuse” et l’odeur étouffante de la “grosse pâtasse de caoutchouc, de cacao, malaxée, torturée à mort, débinée débitée par la vis luisante et [...]

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  • 26-3-2013

    Chaussures vides – Scarpe vuote

    Sylvie Durbec - Editions Les carnets du dessert de lune

    La nuit, la marche, la langue : trois motifs qui s’entrelacent pour tracer le parcours poétique de Sylvie Durbec.

    C’est d’abord la nuit qui surgit et forme le paysage palpitant de la première partie de recueil : tour à tour force créatrice, modelant de ses ombres bleues “un nouveau pays / de la couleur invisible du temps” et se faisant “morsure d’infini sur le rouge du sommeil“, et main qui estompe les êtres, murmure “les petits morts“. Puisant dans cette “bibliothèque des rêves” qu’elle parcourt “d’étoile à d’étoile“, Sylvie Durbec fait de ses chevauchées nocturnes un lieu où les frontières entre sommeil et rêve se dispersent, où la montagne se peuple d’anges, de “bêtes ailées” dont les ailes sont de “soie froissée“, où la vie et la mort s’attachent en bouquet. “Jardinière des saisons“, elle retrace, à travers des [...]

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  • 25-3-2013

    Une pluie d’écureuils

    Francesco Pittau - Editions Les carnets du dessert de lune

    Sous ce joli titre absurde sont regroupés les oracles et les expériences détournées de Maître K’ong (un des noms de Confucius) et de son disciple.

    Francesco Pittau s’y moque des modes zen/ bouddhistes/ taoïstes qui ont envahi nos sociétés occidentales, en détournant leurs codes : fausses leçons de vie à la sagesse moquée (« Maître K’ong ! Maître K’ong ! Ils vont s’entretuer ! » s’écria le disciple en pénétrant dans la maison de son Maître qui était en train d’éplucher des légumes. « Les voisins en sont venus aux mains, et ils se massacrent l’un l’autre ! Comment les arrêter ? » Maître K’ong sourit et, tendant son couteau au disciple, il dit : « Rapporte-le-moi quand tu auras ramené le calme. ») ; rêves interprétés selon les principes du non sense (“Quand tu rêves que tu as cinq verrues sur le visage, c’est signe d’abondance et de prospérité“), de [...]

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  • 24-3-2013

    Mars 2013 – Les carnets du dessert de lune

    Après l’Escampette, Les penchants du roseau, Pré # Carré, Les doigts dans la prose, Le vampire actif, Paupières de Terre et Les Inaperçus et  Zones Sensibles, je vous présenterai ce mois-ci Les Carnets du Dessert de Lune.

    Vous pouvez d’ors et déjà visiter et découvrir cet éditeur poétique sur ce site et ce blog.

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  • 23-3-2013

    O L’An /

    Philippe Jaffeux - Editions L'atelier de l'agneau.

    Prendre langue en modelant l’alphabet, en le pliant à ses contraintes, à ses désirs, pour lui redonner pleine substance poétique. Travailler ce O de l’origine, cette bouche bée d’où sort, rythmique, visuel, le poème.

    Philippe Jaffeux se situe aux confluents de l’Oulipo et du Lettrisme, et, brisant les barrières entre littérature, mathématiques et formalisme visuel, taille sa propre modernité – on pourrait presque dire la “sculpte”, tant les mesures (variables de poids, de longueur, d’épaisseur, de composition, de couleur… Tout ce qui peut apporter de la matérialité au poème) font partie intégrante de son travail. Dans ce recueil, les poèmes prennent la forme circulaire de 26 dessins de cédéroms d’un diamètre de 12 centimètres. Chaque dessin contient 15 phrases exposant un mot de 15 lettres orthographié avec deux O.

    De ce jeu de contraintes surgit un étrange rythme basé sur la [...]

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  • 21-3-2013

    C’est ainsi qu’un jeune Noir du Zimbabwe a volé un manuel de physique supérieure

    Doris Lessing - Traduit par Isabelle Reinharez - Editions L'Escampette

    “Je voulais avoir un livre à moi”, avoua le malfaiteur dans un sanglot.

    Il serait facile de se contenter de ce merveilleux titre épique et de la raison tragique qu’il recouvre pour vous inviter à la lecture de livre brûlant : la curiosité ou le pathétique attendrissant du petit malfaiteur pourraient suffire pour pousser certains lecteurs à la découverte.

    Il y a pourtant bien plus qu’une anecdote frôlant le romanesque dans cette poignée de pages qui virevoltent entre essai, récit, documentaire, plaidoyer et conte philosophique. Bien plus qu’un fait divers poétique semblant trop beau pour être réel  : un chant intelligent et sensible qui, de pulsations en pulsations, évoque la nécessité de la lecture.

    Dors Lessing interroge notre rapport au livre : presque blasé par son abondance et l’illusion que le savoir s’offre à lui facilement, le “barbare instruit” occidental (celui qui dit [...]

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